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Divers 09 Jan 2009 10:45

Café politique du 19/01/2009

20090119 - café politique

Informations 08 Dec 2008 16:53

Le capitalisme, c'est la guerre ! (1)

Un système inefficace et assassin

 

 

Le capitalisme, c’est la guerre. Attention, ceci n’est pas une figure de style. Ou alors un euphémisme ! Ce système, qui confie la propriété des moyens de production de la richesse à d’autres mains que celles qui les mettent en œuvre, organise la guerre mondiale. Elle n’a pas été déclarée mais elle crève les yeux.  Ainsi, le « tiers-monde » paie-t-il le prix fort de l’inefficacité d’une organisation de l’économie sur les principes capitalistes. Le bilan est lourd : toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou de ses suites immédiates. En 2007, 6 millions d’enfants anonymes, sans visage, sans corps, sans réalité, ont été rayés du planisphère. Tombés au champ d’honneur d’une idéologie assassine.

Un assassinat ?  Comment le dire autrement dès lors que l’agence des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation estime qu’ « au stade de son développement actuel, de ses forces de production agricole, la planète pourrait nourrir sans problème 12 milliards d’êtres humains, le double de sa population. » En n’empêchant pas l’hécatombe évitable, chaque minute qui passe représente, pour l’humanité, le sacrifice de 30 Einstein, Mozart ou Gandhi en puissance…

 

 

Les récentes hausses des prix agricoles ont provoqué une crise alimentaire généralisée dans les pays en développement. Elles devraient pousser quelque 100 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté. En 2007, la hausse des prix a été de 40% en moyenne et plus encore en début 2008. Le prix des produits de première nécessité a progressé de 80% depuis 2005. Contrairement aux pays riches où la part de l’alimentation dans les revenus se situe entre 10 et 20%, elle atteint 60 à 90% dans les pays en développement. Cette situation a conduit à des émeutes de la faim dans de très nombreuses régions du monde.

 


Sous la pression des faits, la Banque mondiale a été amenée à opérer un changement de cap radical en prônant un investissement dans l’agriculture vivrière. C’est exactement le contraire des politiques qu’elle défendait, comme l’Organisation mondiale du commerce, jusqu’à présent.

 

 

Cette nouvelle démarche appuie cependant un phénomène nouveau, né de la simultanéité de deux crises mondiales, la crise alimentaire et la crise financière : un nouvel accaparement des terres agricoles par des groupes étrangers transnationaux privés. L’expulsion brutale de communautés indigènes n’est pas une nouveauté. Pourtant, nous assistons aujourd’hui à une ruée sur l’acquisition des surfaces arables en vue d’y développer de nouvelles productions de l’agro-industrie ou des biocarburants. Deux motivations sont ici en action : la volonté de certains Etats de garantir à leur population une souveraineté alimentaire au départ de productions extérieures et la recherche de nouveaux débouchés pour des liquidités qui fuient l’instabilité des marchés financiers. Les terres arables deviennent ainsi de nouveaux actifs stratégiques compte tenu de la hauteur des prix alimentaires et de la faiblesse des prix fonciers. Cette appropriation s’opère soit avec l’aval des autorités locales en place, heureuses de trouver de nouvelles sources de financement pour leur développement, soit, quand elles interdisent l’acquisition de nouvelles propriétés par des firmes transnationales, en obtenant de nouvelles formes de contrôles sur des terres agricoles en vue de produire non pour les populations locales mais pour d’autres.

 

 

Le capitalisme nous ramène ainsi au temps honni des colonies. Quel progrès !

 

 

 

 

Daniel RICHARD

Informations 07 Nov 2008 11:44

CNCD 11.11.11 à la FGTB Verviers

11.11.11 2008

Informations 16 Oct 2008 14:11

Il n'y avait donc pas de pilote dans l'avion

Il n'y avait donc pas de pilote dans l'avion 

Roger est un ami. Il ne me connaît pas mais tous les matins au son de sa voix je devine le climat dans le monde des affaires. Là, le ton était sombre. Presque en berne. Depuis plusieurs semaines, il charriait une grandiloquence pesante et une profusion de superlatifs. J'ai tout de suite compris : c'était vraiment un mauvais jour. Un vendredi noir.  La radio annonçait la fin d'un monde.

L'économie casino avait joué à la roulette russe.  Et cette fois-ci, c'était le big bang. Le « journal des journaux » faisait rebondir de « une » en « une », entre la Libre et l'Echo, un titre trash : « Krach ». Nous étions un 11 octobre. Le château de cartes s'est effondré. Le libéralisme était au tapis. Et ses grands prêtres à son chevet : économiste chez De Groof, gourou d'Euronext, petit porteur de Deminor et même les organisations de consommateurs... Ils sont venus, ils sont tous là. 

Ce qu'ils expliquent est angoissant. Rien de neuf, pourtant. Tout a été prédit, le scénario était écrit. Cette crise était si prévisible qu'elle était annoncée. Mais personne n'a voulu entendre. Les messagers n'étaient pas du sérail. Pas « crédibles » ! Question confiance déjà... Le plus surprenant reste d'entendre les sourds d'hier se convertir. Pour un moment. Pour un moment seulement. Vous souvenez-vous de leur slogan ? « Trop d'Etat tue l'Etat »... Didier, Sabine et les autres en avaient fait un refrain, un tube, une rengaine. La vérité, c'est qu'aujourd'hui, l'Etat, hier maudit, est illico requis pour sauver le capitalisme... Dans le pays où il s'est incarné, on voit des choses hallucinantes. Le trésor US a ainsi pris le contrôle de la plus grande société d'assurance du monde en finançant sa participation par un prêt à charge... de l'entreprise nationalisée. Un spécialiste du « Monde diplo » constate, hilare, que Bush est pire que Chavez. Quand le Venezuela nationalise, il indemnise, lui. La crise est si grave que même les USA ne respectent plus la... propriété privée.

Rien ne va plus. Les jeux sont faits.

Libéralisme « coupable mais pas responsable »

 Depuis les élections, la Belgique connaît une crise de régime doublée aujourd'hui d'une profonde déroute du système international. Le libéralisme, selon les libéraux, n'aurait rien à voir avec cette Bérézina. Il ne faudrait pas (ou plus ?) le confondre avec le capitalisme puisqu'il réclame aujourd'hui de la « régulation ». On croit rêver. Ce sont des gouvernements libéraux qui ont voulu, organisé et imposé la libéralisation des marchés financiers. Ils ont levé les mesures prudentielles (via la dérégulation). Ils ont décloisonné les marchés en leur donnant une dimension aujourd'hui mondiale si bien que ce sont aussi des banques allemandes, anglaises ou belges qui paient les conséquences des risques démesurés des « subprimes » américains. Ils ont privé les banques du monopole d'intervention et ainsi encouragé l'arrivée de nouveaux acteurs (la désintermédiation a permis l'émergence de nouvelles générations de traders, des hedge funds, des fonds de pensions...). Et avec eux de nouvelles pratiques et une autre éthique. 

Confrontés à l'apocalypse, les chevaliers du laisser-faire n'assument pas. 

Le libéralisme reste pourtant l'idéologie légitimatrice du capitalisme. Son objectif est d'en justifier les dégâts. D'en légitimer les excès. D'en inculquer la fatalité. En janvier, le directeur de la Bourse de Bruxelles indiquait dans une carte blanche au Soir ceci : « le capitalisme est l'ordre naturel des communautés humaines ». L'ordre naturel ? Je vous demande un peu... A quoi bon s'y opposer, « on ne résiste pas à sa nature » ! Les idées sont réelles dans leurs conséquences. 

Par définition, le libéralisme entend réduire le rôle de l'Etat dans l'économie. Ses appels opportunistes à la régulation de la finance internationale prouvent les limites de son « modèle ». Les marchés financiers étaient les moins encadrés par les pouvoirs publics aujourd'hui appelés à l'aide. Il n'y avait pas de pilote dans l'avion. Et la juxtaposition des intérêts individuels n'a pas produit de « bien commun ». La somme des égoïsmes n'a pas généré du lien social. La  parabole de la « main invisible » est une fable pour enfants attardés. Une mystification d'inspiration religieuse. 

La démonstration, pour pédagogique qu'elle soit, coûtera cher aux travailleurs. Ecoutons les patrons et les hérauts de la droite. Il s'agirait déjà que nous modérions nos exigences en matière de pouvoir d'achat et de hausse des salaires... Inacceptable ! Nous ne sommes pas responsables de la débâcle d'une organisation du monde. Il n'a pas à côté d'un capitalisme dévoyé qui serait celui de la finance, un capitalisme vertueux qui serait celui de l'économie réelle. Il y a deux dimensions d'une même réalité à transformer ! 

Daniel Richard

Informations 16 Oct 2008 14:09

50 fois le produit mondial brut !

50 fois le produit mondial brut !

Comment expliquer que le monde financier puisse s'écrouler aussi sûrement que deux tours un 11 septembre ?

En soulignant d'abord la mesure de sa démesure.

Les banques du monde se sont échangé, en 2005, des valeurs pour un montant équivalant à 50 fois le produit mondial brut (la somme des richesses créées cette même année par tous les pays). Soit quelque 2,02 millions de milliards de dollars. Vertige... 

L'actuelle méfiance entre les acteurs a tendance à ralentir, à figer ces transactions et à asphyxier progressivement l'activité économique sur le marché des biens et des services. 

Et que représente cette économie réelle face à l'infinie étendue de pognon ? Environ... 2% ! Arrêtons-nous deux secondes. Une taxe sur ces transactions interbancaires de 0,01% ramènerait assez de moyens pour solutionner dix fois le problème de la faim dans le monde. En le réglant une fois, on serait déjà content ! 

Un capitalisme d'endettés

L'activité financière (immatérielle, irréelle ?) se déploie sur trois « marchés » : celui des bourses (5%), celui des changes (27% environ) et celui des produits dérivés (...63%).

Les bourses, on voit bien. Les échanges de monnaies aussi. Mais les produits dérivés, c'est quoi ? De « nouveaux » instruments financiers qui se sont développés et multipliés au départ de la libéralisation des marchés financiers (merci Reagan, merci Thatcher !). Ils ont trois caractéristiques : leur valeur varie en fonction de l'évolution d'un produit (dit « sous-jacent »), ils ne requièrent pratiquement aucun investissement réel au départ de la transaction et leur paiement (leur « réalisation ») s'effectue à une date ultérieure. Pour le dire autrement, les produits dérivés sont les nouveaux outils des nouvelles spéculations. Ils sont des contrats passés entre vendeurs et acheteurs qui fixent à un moment le prix d'une valeur à payer plus tard. Cette valeur peut être de la matière première ou plus souvent des actions, des obligations, des bons d'Etat, des contrats à terme, des indices boursiers, des titres... 

C'est sur ce marché que se développent les bulles dont l'éclatement (l'adéquation entre les fantasmes financiers et la réalité économique) produit une crise. Nous en avons traversé des dizaines au cours des dernières décennies. L'actuelle semble atypique : structurelle, globale et durable. Son origine est double : une surproduction de capital et les contradictions internes du moteur de la mondialisation, l'économie américaine. 

Aux USA, le recul du pouvoir d'achat des travailleurs a été compensé par un endettement généralisé des ménages (notamment...). En vivant à crédit, les Américains ont soutenu  la consommation et donc la croissance de l'économie chinoise caractérisée par l'exportation de produits manufacturés bon marché et... l'exploitation des travailleurs chinois. Les Etats-Unis sont la seule économie à pouvoir vivre indéfiniment à crédit grâce à l'épargne du reste du monde (Japon, Chine, pays pétroliers du Golfe). Simplement parce que le dollar reste la monnaie dominante des échanges internationaux. 

Explosion des profits privés 

Depuis les années 80, la part du capital dans les richesses produites croît au détriment des revenus du travail. Les profits augmentent plus rapidement que la croissance économique. Dans le même temps, les investissements dans la modernisation des outils, dans la recherche et le développement, dans la formation se sont stabilisés. L'écart avec l'évolution des bénéfices alimente les marchés financiers avec une masse croissante de capitaux. En 2001, quand la baudruche des nouvelles technologies s'est brutalement dégonflée, une autre masse de capitaux a dû trouver de nouveaux débouchés. L'immobilier américain s'est avéré un oasis profitable. Des sommes folles ont été prêtées à de pauvres diables par des banquiers véreux qui savaient pertinemment qu'ils n'étaient pas solvables. Pas graves ? Quand les propriétaires pauvres ne pourraient plus faire face au remboursement de leurs emprunts à taux variable, la revente de leur toit rembourserait la mise et plus encore puisque l'immobilier était à la hausse. Et ceci n'était qu'une partie du calcul. En effet, ces emprunts pourris ont ensuite fait l'objet d'une titrisation : une technique qui permet aux organismes de crédits de transformer les créances en titres négociables sur le marché financier. L'objectif était de répartir les risques entre différents agents économiques. Leur dissémination a renforcé l'opacité du processus. Si bien qu'aujourd'hui, personne ne sait précisément où ces bombes à retardement se trouvent. Et comme le marché immobilier s'est retourné, les bonnes affaires sont devenues des crédits pourris. 

La crise de solvabilité des établissements de crédits hypothécaires a ainsi migré vers le secteur bancaire. Les banques ne parvenant plus à se refinancer sur le marché interbancaire, une crise de liquidité d'abord a produit une crise du crédit qui infecte l'économie réelle, handicapant les entreprises, suscitant une récession et aggravant le chômage. 

Pourquoi les Etats ont-ils été appelés à la rescousse ? 

Ils n'ont pas joué au « valet noir ». Ils n'ont pas dans leurs avoirs de titres vérolés. Leur intervention restaure une forme de confiance en garantissant le sauvetage des banques menacées et permet ainsi aux capitaux de circuler à nouveau. Les pertes seront ainsi socialisées.

Daniel Richard